En quoi la généalogie peut-elle devenir un outil complémentaire dans ma pratique de psychogénéalogiste ?

Notre travail consiste à ouvrir l’inconscient familial dans le but de déterminer s’il existe des résonances, des répétitions ou des schémas récurrents dont la personne aurait hérité, à son insu. Néanmoins nous avons besoin de vérifier la véracité en croisant nos intuitions et nos émotions ressenties à travers des données factuelles, tangibles et avérées.

Partir à la recherches des pièces dans les archives départementales va donner du sens, valider des pistes et contextualiser l’histoire de nos deux lignées : c’est une aventure complémentaire du travail thérapeutique en cabinet, totalement indispensable.

Cette manière de redonner vie à nos ancêtres assoit notre transformation personnelle, puisqu’elle nous permet de mieux comprendre les expériences, les vécus et les traumatismes qu’ils ont traversés au cours de leur existence.

Il ne s’agit pas de se contenter d’un seul élément, une fois la recherche exécutée. En revanche, celle-ci donne des pistes qui conduisent à aller plus loin, à tirer des fils en fonction des hiatus présents entre la mémoire interpersonnelle et les informations rassemblées (Manque de continuité, interruption dans les dates posant problème, contradiction dans une suite logique ou une suite d’événements).

Souvent les recherches s’avèrent complexes, longues et décourageantes. Elles demandent patience, persévérance, mais les résultats sont à la hauteur des difficultés rencontrées.

Il faut bien comprendre que lorsqu’il existe du désordre au sein d’une famille, cela générera presque obligatoirement du désordre au moment d’effectuer toutes ces explorations. Or, retrouver, replacer, ordonner s’avère représenter parfois un premier acte thérapeutique qui sera réparateur lors de la construction du génosociogramme.

Donc, se lancer dans des recherches généalogiques demande de la constance.

Souvent les gens viennent avec des idées reçues : « Je ne vais jamais pouvoir retrouver la trace de mes grands-parents maternels, puisque je ne les ai pas connus et que ma mère est décédée :

Or, plus c’est vieux et loin dans le temps, plus c’est facile à trouver sans se déplacer grâce aux archives départementales mises en ligne. 

Que faut-il donc chercher en se plongeant dans les archives ?

Les actes de naissance, de mariage, de décès donnent des renseignements passionnants et factuels : 

  • Exemple : ma cliente entend parler d’un demi-frère de sa mère, prénommé Gilbert, mort jeune, qu’elle n’a, bien entendu, jamais rencontré. En effectuant des recherches, elle ne le trouve pas dans les archives départementales de sa région natale. L’intervention d’un généalogiste finira par mettre le doigt sur l’extrait de naissance, dévoilant qu’il portait un autre prénom, le même que celui de son grand-père.     

Cela a donc susciter des questionnements : pourquoi appeler cet homme Gilbert alors que, sur l’état civil, son prénom était René ? 

En allant encore plus loin, en séance, nous découvrons que ce demi-frère portait également le prénom du frère de sa mère. Répétition ! Pour quelles raisons ?

La généalogie permet également de suivre les traces des changements de lieux d’une famille par le biais des tables décennales par années et par villages

  • Exemple : les recensements offrent un suivi des changements de lieux dans une famille, indiquant également qui vit avec qui sur des périodes de dix années. C’est ainsi que l’on s’aperçoit qu’une arrière-grand-mère vivait sous le toit de son petit-fils entre 1935 et 1942.     

Où était son mari à ce moment-là ? Était-elle veuve ? Depuis combien de temps ? Pourquoi est-ce cet homme qui s’est occupé de sa grand-mère ? Est-ce que cela a eu des répercussions sur l’héritage ? Les autres petits-enfants ont-ils été lésés ?

Donc, la généalogie permet d’obtenir une vue d’ensemble des liens, des relations entre les membres d’une famille.

Ces investigations aident également à repérer les dates récurrentes :        

  • Exemple : découvrir qu’un grand-oncle est mort le jour de votre anniversaire. Votre conception correspond à la date de naissance          de votre tante paternelle…

Que peut nous apprendre l a lecture d’un acte de décès ? 

N’importe qui peut demander une copie de l’acte de décès, sans délai, dès lors que date et lieu sont connus.

  •  Quand et où était né cet ancêtre ?
  • Qui étaient ses parents ?
  • Où est-il décédé (adresse : Chez elle, à l’hôpital ?)
  •  Qui a déclaré le décès ?
  • Était-il célibataire, marié, veuf, divorcé ?

Ainsi cela permettra de remonter à sa date et lieu de naissance (parfois à son mariage quand il est daté) et à son matricule.

Quant à son acte de mariage, il dévoilera son milieu social, nous démontrant s’il y a une mésalliance. 

Peu à  peu, vous reconstituez les pièces du puzzle familial et vous mettez des noms, des dates, des lieux, des situations autour des membres de votre système familial qui prend vie et vous renvoie à vos racines personnelles.

Ne trouvez-vous pas cela exaltant ?

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Muriel Pactat

Mes clients me considèrent comme une thérapeute sérieuse et accueillante, émaillant son travail intuitif d’épisodes ludiques qui allègent les aspects émouvants de ses consultations en numérologie, en art-thérapie et en psychogénéalogie.
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