
Savez-vous ce qu’est un archétype ?
« Il existe, en chacun de nous, des figures silencieuses qui veillent dans l’ombre. Elles portent nos blessures, nos élans, nos forces secrètes.»
Carl Gustav Jung les appelait archétypes : des présences intérieures qui prennent forme quand nous sommes prêts à les entendre.
Le psychanalyste suisse n’a pas “inventé” les archétypes : il les a découverts. En écoutant les rêves, les images, les mythes et les symboles qui revenaient régulièrement chez ses patients, il a remarqué que les mêmes figures apparaissaient partout dans le monde, à toutes les époques. Il a compris qu’il existait, sous notre histoire personnelle, une mémoire plus vaste : l’inconscient collectif.
Les archétypes en sont les formes vivantes — des images universelles qui nous habitent et nous guident.
Or, dans la pratique du jeu de sable, ces forces se révèlent à travers les figurines que nous choisissons, souvent sans savoir pourquoi elles nous attirent.
Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de l’une d’elles : Quasimodo. Celui qui avance malgré la difformité, celui qui aime malgré la solitude, celui qui se tient debout malgré le rejet. Une figure de résilience qui nous parle de nous, plus que nous ne le croyons.
Quasimodo, le bossu de Notre-Dame de Paris
Il existe des figures qui ne se contentent pas d’être vues. Elles nous traversent. Elles nous touchent là où nous pensions être seuls. Quasimodo est de celles-là.
Quasimodo, c’est la blessure visible.
Celle que l’on porte sur le dos, dans la posture, dans la manière de marcher dans la vie. Celle qui raconte une histoire avant même que nous parlions.
Mais c’est aussi la blessure invisible, celle que personne ne voit, celle que l’on cache, celle que l’on protège derrière des murs, des cloches, des hauteurs. Une blessure qui n’a pas été choisie, mais qui a façonné le regard que l’on porte sur soi.
Quasimodo, c’est l’enfant rejeté, celui qui n’a pas été accueilli comme il aurait dû l’être. C’est l’archétype de celui qui grandit dans l’ombre, loin des regards aimants, et qui apprend à survivre avec ce qu’il possède.
Cependant Quasimodo, c’est aussi la force brute, la puissance archaïque, l’énergie vitale qui continue malgré tout. Il avance, il porte, il protège et il aime. Il est difforme, mais il est entier. Il est blessé, mais il reste fidèle. Il est seul, tout en se montrant profondément humain.
Il incarne la dignité dans l’indignité. La beauté dans ce qui semble laid. La noblesse dans ce qui paraît brisé.
Le héros de Victor Hugo nous parle de ces parties de nous que nous avons longtemps cachées :
- ce que nous croyons trop lourd, trop honteux, trop différent et trop abîmé.
Il nous renvoie au fait que ce qui nous a blessés peut devenir ce qui nous rend uniques. Que la difformité n’est pas un défaut, juste une histoire. Que la solitude n’est pas un échec, mais un passage. Que la sensibilité n’est pas une faiblesse, mais une clairvoyance.
Quasimodo choisi dans un plateau de jeu de sable
Il apparaît souvent lorsque la personne :
- porte un fardeau ancien,
- se sent différente ou incomprise,
- cherche à se relever,
- veut retrouver sa dignité,
- est prête à regarder sa blessure sans s’y perdre,
- commence à entendre sa propre cloche intérieure.
En réalité ce personnage est aussi la voix. La sienne est rauque, maladroite, bien qu’elle sonne juste. Il sonne les cloches comme on sonne la vérité. Il appelle. Il réveille. Il annonce.
Quasimodo, c’est l’archétype de la résilience incarnée. Pas la résilience brillante, héroïque ou spectaculaire. La résilience humble, silencieuse, tenace. Celle qui se construit dans l’ombre et qui, un jour, se tient debout.
Il nous rappelle que nous sommes plus grands que nos blessures. Et que parfois, ce qui nous a fait courber le dos est aussi ce qui nous a donné une profondeur que d’autres n’auront jamais.
Pourquoi Quasimodo m’a-t-il appelée ?
Si j’ai choisi de vous parler de Quasimodo aujourd’hui, c’est parce que cette figurine s’est imposée à moi bien avant que je comprenne pourquoi. Quelque chose dans sa manière d’avancer, courbé mais debout, m’a touchée. Peut-être parce qu’il porte sa blessure au grand jour, sans la cacher, et que cela lui donne une forme de vérité rare.
En travaillant avec lui, j’ai compris qu’il venait me rappeler — comme à chacun d’entre nous — que nos fragilités ne nous diminuent pas. Elles nous façonnent. Elles nous rendent humains. Elles nous invitent à nous tenir debout autrement. Et c’est là tout l’enjeu de la thérapie par le sable : rencontrer ces parts de nous qui se cachent encore, leur offrir un espace, et les laisser se dire autrement.
Et vous ?
« Quelle part de vous avance encore courbée par une ancienne blessure ? »
« Et si cette part, comme Quasimodo, portait en elle une force que vous n’avez pas encore reconnue ?»
Cf : Le bossu, dans les contes, les mythes et la littérature de Monica Malamoud aux éditions la Fontaine de Pierre
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Muriel Pactat
Mes clients me considèrent comme une thérapeute sérieuse et accueillante, émaillant son travail intuitif d’épisodes ludiques qui allègent les aspects émouvants de ses consultations en numérologie, en art-thérapie et en psychogénéalogie.
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